Combourg, la douceur d’une évasion tranquille loin de la foule

Combourg, la douceur d’une évasion tranquille loin de la foule
À 30 minutes de Rennes et de la mer, entourée de lacs et de verdure, la ville de Combourg a beaucoup d’atouts pour plaire. Son attraction phare, c’est le château, mais on est loin du surtourisme des côtes. Combourg est l'un des lieux clefs du Pays de Saint-Malo, plongeons au cœur de la Bretagne Romantique, sur les traces de François-René de Chateaubriand.
« L’ensemble du château, fièrement assis sur le rocher, — avec son étang et ses bois, l’église et les maisons de la petite ville qui l’entourent, la vallée qui s’ouvre devant lui et le vaste horizon de landes qui la termine, présente un caractère de grandeur mélancolique qui n’est point sans charmes ». Ainsi Chateaubriand décrivait Combourg et son château, dans ses Mémoires d’outre-tombe.
Château de Combourg, Chateaubriand
L’écrivain est absolument partout à Combourg. On en retrouve de nombreuses références dans le centre-ville et plus particulièrement au château qui le surplombe. « Il y a passé son enfance, et deux années de 16 à 18 ans », explique Pauline Langlais, responsable de l’accueil et guide au château.
Pillé pendant la Révolution française, le château de Combourg est laissé à l’abandon pendant quatre-vingts ans, avant d’être repris en main « par les descendants de Jean-Baptiste de Chateaubriand, frère aîné de l’auteur, poursuit la guide. Le château est toujours habité par la famille. »
La visite du château de Combourg nous plonge dans la vie de Chateaubriand, les légendes qui entourent les lieux, décorés par fantaisies du XIXe siècle, où il a été complètement rénové. La vue, depuis les remparts du château sur la ville et le lac, est magnifique.
La visite du château est l’attraction phare de Combourg, avec parfois près de 50 000 visiteurs d’avril à novembre. Autour du château, on peut également profiter des 25 hectares de jardins à l’anglaise, et d’un salon de thé. « On cherche à créer un lieu calme, ressourçant, presque enchanteur », explique Pauline Langlais.
Combourg ne saurait être le berceau du romantisme pour rien. « C’est dans les bois de Combourg que je suis devenu ce que je suis », disait Chateaubriand, qui a ainsi posé les bases du romantisme : la nature, la solitude et la mélancolie.
« On a fait toute la côte, ça fait du bien de venir ici, commente Lorena, touriste parisienne. Il n’y a peut-être pas autant de choses à faire que sur la côte, mais c’est vraiment bien plus paisible ici. »
Au bord du lac Tranquille, qui porte bien son nom, face au château et à la ville, la touriste se repose sur la grande étendue d’herbe, après un pique-nique. Ici, les pêcheurs sont présents en nombre et profitent du cadre idéal pour une activité contemplative.
En continuant à longer le lac, on traverse un bois pour découvrir un autre grand espace vert, bien équipé de jeux pour les enfants. Il ne faudrait pas croire qu’il n’y a rien à Combourg, au contraire. « Il y a le cinéma, la piscine, beaucoup de commerces et d’équipement sportifs », salue Adam, Combourgeois de naissance et serveur au bar du Chat Toqué, à proximité du château.
« Ici, on est à trente minutes de Saint-Malo comme de Rennes, en voiture ou en train, ajoute le barman. Beaucoup d’habitants vont travailler ou suivre leurs études à Rennes. »
À côté de l’aire de jeu, le camping municipal marche très bien également. « Il y a des nouvelles cabanes spécialement conçues pour les randonneurs et les cyclistes, c’est top », félicite Adrien, en itinérance cycliste, le long du canal d’Ille-et-Rance.
Combourg n’est pas au bord du canal, mais une petite déviation d’une quinzaine de kilomètres et balisée. La ville propose quatre boucles thématiques entre 10 et 25 kilomètres dans la campagne environnante. « On est également sur le chemin du nouvel itinéraire entre Nantes et Le Mont-Saint-Michel », explique Didier Hérault, qui accueille souvent des cyclistes dans son gîte de la Goutte d’Or.
Un personnage haut en couleur
Située, en plein centre de Combourg, à côté de la maison de la Lanterne, la façade jaune de la Goutte d’Or, gîte et chambres d’hôtes, ne passe pas inaperçue. L’artisan peintre y a érigé, avec l’aide du graffeur malouin, Axo Bzh, une peinture murale dédiée à Chateaubriand. « Lorsque les gens s’arrêtent pour prendre une photo, je suis heureux, pour moi et pour Combourg. »
Tombé sous le charme de Combourg et de son patrimoine il y a huit ans, Didier Hérault a nommé ses quatre chambres d’hôtes du nom d’auteurs en lien avec la « star » locale. En bonne attente avec le comte et la comtesse du château, il propose des formules avec billet d’entrée pour le château.
Didier Hérault ne s’en cache pas : « Je veux dynamiser Combourg, j’ai envie que ça bouge. » Lui qui aime le contact humain, multiplie les propositions de projets, quitte à parfois brusquer la mairie…
Combourg bouge déjà bien !
Mais le Rennais d’origine sait aussi se réjouir de ce qui existe déjà : « On a pas mal d’évènements, notamment grâce à l’association Combourg animation », à l’origine notamment du Festival de la Lanterne, qui vient de s’achever, et des Mercredis l’été, entre autres.
Le château met également à disposition son parc pour de nombreux rendez-vous tout au long de l’année. « Pour les Journées du patrimoine (les 21 et 22 septembre 2024), nous accueillons un tournoi de joutes chevaleresques, un groupe de musique et une troupe médiévale avec campement et atelier, explique Pauline Langlais. On fête également Halloween, c’est notre dernier grand rendez-vous avant la fermeture. »
Combourg et son château s’engagent ensuite vers un hiver un peu plus austère… Et sans Didier Hérault qui a choisi : « Moi, je pars au soleil ! »
Pour nous, ça sent un peu la fin de l’été, et c’est ainsi que Combourg clôture cette série dédiée aux lieux incontournables du secteur de Saint-Malo.
Ouest-France Florentin LOPACINSKI.
Publié le 26/08/2024